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Interview de Julien Martin-Cocher, CEO de Chem&Flow

Chem&Flow développe une technologie innovante destinée à accélérer le développement et l’industrialisation des procédés chimiques complexes. L’entreprise rejoint le Comité Richelieu en tant que nouvel adhérent. Julien Martin-Cocher, CEO de Chem&Flow a répondu à nos questions. 

— Quelle est l’activité de votre entreprise et quel défi relève votre solution ? 

Chem&Flow développe une plateforme DeepTech de Chimie 5.0, combinant chimie en flux continu, robotique, automatisation et IA. Notre objectif est de transformer la manière dont les procédés chimiques sont développés, optimisés puis industrialisés, en permettant de passer plus rapidement de l’expérimentation au procédé industriel. Cette approche répond à plusieurs défis majeurs : réduire les temps (5x à 10× plus rapide) et coûts de développement (ROI 6-12 mois), sécuriser les procédés, diminuer la consommation de solvants (-50% à -90%) et d’énergie (-40% à -60%), réduire l’empreinte carbone (-30% à -70% d’émissions de CO₂ soit jusqu’à 8 000 tCO₂/an sur plateforme de référence) et renforcer la capacité de production en Europe. Nous travaillons notamment avec les secteurs de la pharmacie, de la chimie, de la défense et du spatial, de l’électronique et des matériaux avancés, du recyclage, de la cosmétique, de l’agrochimie et, à terme, d’autres industries stratégiques.

Pourquoi votre entreprise a-t-elle décidé de rejoindre le Comité Richelieu et qu’attendez-vous d’un écosystème qui rassemble des startups, PME et ETI innovantes ? 

Nous avons rejoint le Comité Richelieu parce que nous partageons une conviction : la compétitivité industrielle française et européenne dépend de notre capacité à faire émerger des technologies innovantes, mais surtout à les faire adopter et passer à l’échelle. L’intérêt d’un écosystème réunissant startups, PME, ETI et grands acteurs est justement de créer ces passerelles. Pour Chem&Flow, il s’agit à la fois de confronter notre technologie aux besoins réels des industriels, d’identifier des partenaires capables d’accélérer le déploiement et de contribuer nous-mêmes aux réflexions sur l’innovation et la réindustrialisation.

Quels freins à l’innovation ou à la croissance souhaitez-vous lever grâce à votre participation à cet écosystème ?

Le principal frein n’est pas toujours l’absence de technologie : c’est souvent la difficulté à passer de la preuve de concept à l’adoption industrielle. Les cycles de décision, l’aversion au risque, la fragmentation des financements, les difficultés d’accès aux premiers marchés ou encore le manque de continuité entre R&D, expérimentation et industrialisation peuvent ralentir l’innovation. Nous souhaitons contribuer à lever ces barrières en démontrant qu’une innovation DeepTech peut être conçue dès le départ pour être déployable, industrialisable et économiquement pertinente.
— Quel impact visez-vous à l’échelle nationale ou européenne ? 

Notre ambition est de faire de Chem&Flow un acteur européen de référence de l’automatisation et de l’intensification des procédés chimiques. À terme, nous voulons contribuer à relocaliser et renforcer certaines capacités de production en Europe, tout en permettant aux industriels de produire plus rapidement, avec moins de ressources et avec davantage de maîtrise de leurs procédés. L’enjeu dépasse donc notre seule entreprise : il touche à la souveraineté industrielle, à la décarbonation et à la compétitivité de l’industrie européenne.

— Pourriez-vous partager une réussite récente dont vous êtes particulièrement fiers ?

Nous sommes fiers d’avoir franchi une étape importante en 2026 avec la consolidation de notre 1ère plateforme technologique opérationnelle et la structuration de notre équipe R&D. Cette étape matérialise le passage d’une technologie issue de travaux de recherche à une solution conçue pour répondre à des problématiques industrielles concrètes.

Un challenge ou un objectif marquant pour les mois à venir ? 

Notre priorité est désormais de transformer notre avance technologique en collaborations industrielles structurantes. Nous devons démontrer, avec des industriels, la valeur de notre approche sur des cas d’usage réels, accélérer la montée en maturité de notre plateforme et préparer son passage vers des déploiements industriels. L’enjeu des prochains mois est donc simple à résumer : passer du potentiel technologique à l’impact industriel.
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