EGM développe des solutions ouvertes et souveraines dédiées aux jumeaux numériques, à l’interopérabilité et à la valorisation des données. L’entreprise rejoint le Comité Richelieu en tant que nouvel adhérent. Franck Le Gall, CEO de EGM a répondu à nos questions.
— Quelle est l’activité de votre entreprise et quel défi relève votre solution ?
Depuis 2010, EGM s’investit sur les enjeux de normalisation, d’interopérabilité des données et de souveraineté numérique. Cette expérience, construite au fil de projets de recherche et d’innovation européens, nous a conduits à concevoir des architectures de données ouvertes plutôt que des solutions propriétaires fermées, avec la conviction que la maîtrise des données par leurs producteurs est une condition de confiance durable. EGM s’inscrit ainsi depuis plusieurs années dans l’écosystème européen de l’innovation, avec des travaux sur l’IoT, la normalisation des interfaces d’échange, et l’exploitation des données.
EGM est éditeur de plusieurs logiciels dont Twin·Picks, une plateforme ouverte et souveraine de jumeau numérique, capable d’accueillir un nombre illimité d’applicatifs métier (irrigation, éclairage public, énergie, qualité de l’air, suivi environnemental, conformité réglementaire, etc.). Pour cela, nous avons mis en place des approches FAIR (données Faciles à trouver, Accessibles, Interoperables et Réutilisables) avec des bibliothèques de connecteurs, des validations de données, de l’exposition par API normalisée et surtout la contextualisation des données par l’utilisation de graph de connaissance disponible au sein de notre cœur de données open-source Stellio, élément majeur de l’écosystème européen Fiware. Récemment, des interfaces MCP ont été ajoutées, permettant à des agents IA d’interagir avec nos systèmes. Nous disposons par ailleurs d’un bureau d’étude pour produire nos propres capteurs lorsque l’offre sur étagère n’est pas suffisante.
— Pourquoi votre entreprise a-t-elle décidé de rejoindre le Comité Richelieu et qu’attendez-vous d’un écosystème qui rassemble des startups, PME et ETI innovantes ?
Nous avons choisi de rejoindre le Comité Richelieu pour sortir de l’isolement propre à toute PME innovante confrontée à des enjeux communs d’accès aux marchés publics, de financement de l’innovation et de passage à l’échelle. Enfin, nous attendons de cet écosystème un accélérateur de retours d’expérience, en confrontant nos convictions sur la souveraineté des données et l’IA déterministe à celles d’autres entreprises ayant déjà structuré leur croissance et en bénéficiant de mises en relation concrètes avec des donneurs d’ordres et des partenaires technologiques complémentaires.
— Quels freins à l’innovation ou à la croissance souhaitez-vous lever grâce à votre participation à cet écosystème ?
Parmi les freins, l’accès aux financement est de plus en plus compliqué avec des changements/incertitudes qui interviennent sur des mécanismes tels que le CIR. Un second est la difficulté d’accès aux marchés publics, privés, grands comptes pour une PME technique, les cycles de décision longs et les exigences de référencement pénalisant les jeunes structures innovantes indépendamment de la qualité de leur technologie, nécessitant de lourds investissements marketing/commercial.
— Un challenge ou un objectif marquant pour les mois à venir ?
À l’échelle nationale, nous visons à renforcer la souveraineté numérique des infrastructures critiques, en veillant à ce que les données des territoires et industries, restent maîtrisées par leurs producteurs et exploitants plutôt que captées par des plateformes fermées non européennes. Nous voulons également démontrer la réplicabilité de notre socle ouvert, qu’il s’agisse d’une commune, d’une exploitation agricole ou d’un site industriel, ce qui en fait un modèle de déploiement pertinent pour la transition énergétique et environnementale. À l’échelle européenne, nous contribuons aux standards ouverts pour l’interopérabilité et les jumeaux numériques et en positionnant Twin·Picks comme une brique de référence dans les initiatives de jumeaux et espaces de données sectoriels qui structurent aujourd’hui l’écosystème européen de l’innovation.
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