Observatoire de la Défense : l’enquête qui donne la parole aux PME

Le Comité Richelieu et Sahar ont réuni plus de 150 acteurs de l’écosystème de défense pour présenter les résultats de la première édition de l’Observatoire de la Défense, une enquête inédite menée auprès de 287 entreprises du secteur.

Préfacée par Catherine Vautrin, ministre des Armées, et Jean-Michel Jacques, Président de la commission de la défense nationale et des forces armées, l’étude dresse un premier état des lieux complet de la base industrielle et technologique de défense française, vue depuis les PME et ETI qui la composent.

Ce que révèle l’enquête

Le tableau d’ensemble est celui d’un tissu industriel résilient, mais qui attend encore de voir se concrétiser les effets des politiques publiques récentes :

  • 58,6 % des répondants déclarent une activité stable
  • Près de la moitié disposent d’un carnet de commandes inférieur à 6 mois
  • 83,8 % n’observent aucun effet tangible de la conférence sur le financement de mars 2025

L’étude met également en lumière des dynamiques structurelles fortes : une relation globalement positive avec la DGA (jugée bonne ou très bonne par plus de 60 % des entreprises), mais marquée par un rapport de force asymétrique pour 58 % d’entre elles.

Une démarche appelée à durer

Présentés par Jean Delalandre et Bruno Berthet, les résultats ont été mis en perspective par l’éclairage académique de Julien Malizard, qui a souligné la nécessité de renforcer l’efficacité des dispositifs d’accompagnement et d’approfondir le dialogue entre acteurs publics et privés.

En clôture, Benoit Laroche de Roussane a rappelé l’ambition de cette initiative : construire un outil de suivi pérenne, au service d’un écosystème français de défense structuré et engagé au service de notre souveraineté.

Découvrez les enseignements détaillés et chiffrés de cette enquête essentielle pour l’avenir de notre Défense en cliquant ici.

Interview de Séverine Herlin, CEO de Vianeo

Vianeo aide les organisations à transformer leurs idées et opportunités en création de valeur grâce à un système de management de l’innovation fondé sur la norme ISO 56001 et à son IA Neo. L’entreprise rejoint le Comité Richelieu en tant que nouvel adhérent.

Séverine Herlin, CEO de Vianeo, a répondu à nos questions. 

— Quelle est l’activité de votre entreprise et quel défi relève votre solution ? 

La mission de Vianeo est d’aider les entreprises de toutes tailles à performer l’innovation — c’est-à-dire à passer de l’intention, de l’opportunité ou de l’idée à la création de valeur, de façon structurée, répétable et mesurable. Notre ancrage sur la norme ISO 56001 grâce à l’implication de Séverine Herlin au comité ISO de rédaction de la norme, nous permet d’aligner le leadership, les processus et les équipes autour d’un système de management de l’innovation cohérent. Notre IA, Neo, accélère la structurationdes projets innovants en aidant tous les porteurs à identifier des opportunités et à construire leur première feuille de route. 

Pourquoi votre entreprise a-t-elle décidé de rejoindre le Comité Richelieu et qu’attendez-vous d’un écosystème qui rassemble des startups, PME et ETI innovantes ? 

Parce que l’innovation est avant tout le fruit d’un écosystème ! Ce qui me parle particulièrement dans le Comité Richelieu, c’est la conviction du Comité que les PME et ETI innovantes ont un rôle stratégique à jouer — en France et en Europe. L’innovation est un véritable levier de transformation qui n’est encore qu’à son balbutiement dans les entreprises alors qu’elle s’avère indispensable à leur survie.

J’attends de cet écosystème des échanges ouverts et sincères, entre pairs qui connaissent la réalité du terrain : la difficulté de structurer l’innovation tout en restant agile, de convaincre le leadership, de mesurer la valeur créée. Et j’espère contribuer à mon tour — en partageant ce que nous avons appris depuis plus de 18 ans en oeuvrant au coeur de l’écosystème de l’innovation tant dans les entreprises qu’au niveau de la recherche et des universités, avec des clients comme EDF, Framatome, Veolia, Technip Energies ou encore le CNRS, l’Université Paris Saclay, le CEA… 

Quels freins à l’innovation ou à la croissance souhaites-tu lever grâce à votre participation à cet écosystème ?

Le premier frein que je veux lever, c’est la visibilité. Vianeo opère sur une marché en cours de formalisation qui est le management de l’innovation et notre approche, ancrée dans une méthode académique rigoureuse, mérite d’être mieux connue.

Le deuxième frein, c’est la fragmentation. Trop d’organisations innovent en silos, sans système cohérent. Le Comité Richelieu est une opportunité de porter collectivement un message : l’innovation se manage, et les PME et ETI françaises ont les moyens de le faire.

Quel impact vises-tu à l’échelle nationale ou européenne ?

En France d’abord, nous voulons devenir la référence pour les organisations qui souhaitent installer un système de management de l’innovation pérenne et créateur de valeur, en s’appuyant à la fois sur notre approche de Business design et sur le cadre ISO 56001 — un standard qui monte en puissance actuellement.

À terme, l’ambition est internationale. La méthode Business Design au cœur de notre approche est universelle, et notre plateforme est conçue pour scale. Nous voulons que les équipes d’innovation, où qu’elles soient, aient accès à des outils et des méthodes qui leur permettent vraiment de passer à l’action. 

Un challenge ou un objectif marquant pour les mois à venir ? 

Vivatech arrive, et c’est une priorité concrète : aller à la rencontre d’un maximum d’ETI et de grands groupes qui seront présents, leur faire découvrir Neo, notre IA socratique, et montrer ce que « performing innovation » veut dire en pratique.

Au-delà de l’événement, l’objectif est d’approfondir ces rencontres avec des décideurs qui cherchent à structurer leur démarche innovation et qui sont assez perdus dans la mise en oeuvre d’un système d’innovation structurée et surtout efficient.

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